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Assassinat du Président Ibrahim Baré Maïnassara 9 ans après, les coupables et leurs complices toujours en liberte

 

Ecrit par: Kané Illa (LA GRIFFE N° 256 du 7 Avril 2008) Monday, 07 April 2008 9 avril 1999-9avril 2008 !

 

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Voilà exactement 9 ans que le Président de la 4è République, le Général Ibrahim Baré Maïnassara, a été assassiné – sur le tarmac du Groupement aérien national – par un groupe de militaires dirigé par le commandant de sa propre garde, le Commandant Daouda Malam Wanké. 9 ans après cet assassinat – présenté par ses auteurs comme un « accident malheureux » -, la lumière n’est toujours pas faite et les coupables et leurs complices jouissent d’une impunité introduite dans la Constitution en son article 141. Rappel des faits ! C’était le vendredi 9 avril, vers 11h, que Ibrahim Baré Maïnassara a été fauché par un fusil mitrailleur, alors qu’il s’apprêtait à prendre l’hélicoptère pour Inatès, localité située sur la frontière nigéro-malienne. Trois autres personnes se trouvant à ses côtés ont aussi perdu la vie au cours de la fusillade.
Il s’agit du Lieutenant Idé, qui lui rendait les honneurs militaires ; de son conseiller Ali Saad et de son chauffeur Malam Souley. A part les tueurs et leurs complices (internes et externes), la nouvelle n’a été connue du grand public que dans les environs de 15h, quand le Premier ministre de Baré, Ibrahim Assane Mayaki, est intervenu sur les ondes de la radio nationale pour affirmer que le Président Ibrahim Baré Maïnassara a trouvé la mort « suite à un accident malheureux ». Mais très peu de nigériens ont cru au discours du Premier ministre Assane Mayaki car, cela a permis de comprendre que le Président Baré a plutôt été victime d’un coup d’Etat. Pendant soixante-douze (72) heures, le Niger est resté sans chef. Ayant sans doute mesuré la gravité de l’acte qu’ils venaient de poser, les militaires putchistes n’ont pas pu s’assumer. Ils sont allés chercher le Chef d’Etat-major des Forces armées nigériennes, le Colonel Moussa Djermakoye –absent du pays au moment des faits – pour qu’il vienne prendre la direction du pays. En militaire averti, l’homme a posé des conditions, parmi lesquelles l’arrestation et le jugement des auteurs de la mort de Baré et de ses compagnons d’infortune. Ses conditions furent rejetées et lui-même fut démis de ses fonctions de Chef d’Etat-major des FAN. Et c’est ainsi que le 11 avril, le Conseil de réconciliation nationale (CRN) – avec à sa tête le Commandant Daouda Malam Wanké – s’empare du pouvoir.

 

Guerre ouverte entre les Pro-Hama et les Pro-Seini

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La bataille entre Hama Amadou et Seini Omar pour le contrôle du parti MNSD-Nassara est rentrée dans sa phase active. Désormais, c’est très ouvertement que les pro-Hama et les pro-Seini s’affrontent. Les hostilités ont été ouvertes à l’occasion des préparatifs de la tournée du président du MNSD dans la Section de Tillabéri. Comme il l’a déjà fait à Filingué, Hama doit se rendre dans toutes les sous-sections de Tillaberi. En prélude donc à l’arrivée du président du parti dans leur commune, les responsables de la sous-section de Namaro se sont mis dans les préparatifs. La tâche de coordination fut confiée, tout naturellement, au président de la sous-section. Mais, les pro-Hama ont fait bloc et se sont retrouvés autour du Maire de Namaro. Ils ont estimé qu’il est impossible de confier la coordination de l’organisation d’un événement d’une telle importance à quelqu’un de l’autre bord. Le président de la sous-section de Namaro est classé de l’autre bord parce qu’il est nommé chargé de mission à la Primature par le Premier ministre Seini Omar.

En fin de compte, le maire a dessaisi le président du dossier. Aux dernières nouvelles nous apprenons que le chargé de mission à la Primature, estimant que son dessaisissement du dossier est une humiliation, menace de démissionner ou a même déjà démissionné de son poste de président de la sous-section du

parti.

 

Les avocats de Moussa Kaka décident de poursuivre le député Gremah Boukar et le gouverneur Yahaya Yandaka

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C’est une nouvelle page qui risque de s’ouvrir dans l’affaire dite de Moussa Kaka, ce correspondant de Radio France Internationale (RFI) à Niamey, qui croupit en prison depuis le 20 septembre 2007, pour ses liens présumés avec le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ). Les avocats du journaliste ont décidé, de concert avec lui, de poursuivre en justice le député Gremah Boukar, le gouverneur de la région de Zinder Yahaya Yandaka et – éventuellement – le ministre de la communication, haut-parleur du gouvernement, Mohamed Ben Omar.

C’est au cours d’un point de presse qu’il a animé, le samedi 6 avril dernier, que Maître Moussa Coulibaly, un des avocats du journaliste Moussa Kaka, a annoncé ces plaintes en série. Au député Gremah Boukar, les avocats de Moussa Kaka reprochent ses propos tenus, le samedi 15 avril, lors de l’interpellation par l’Assemblée nationale du ministre de la communication, porte-parole du gouvernement.

Ce jour-là, relève l’avocat Moussa Coulibaly, l’honorable député a accusé Moussa Kaka d’avoir pris de l’argent. Quant au gouverneur de Zinder Yahaya Yandaka, les avocats de Moussa Kaka l’accusent d’avoir appelé à une campagne de dénigrement contre leur client. Outre le député Gremah Boukar et le gouverneur Yahaya Yandaka, le ministre de la communication Ben Omar Mohamed est aussi dans le collimateur des avocats de Moussa Kaka. Qui l’accusent d’avoir aussi violé la présomption d’innocence de leur client. Et de les avoir eux-mêmes diffamés, en leur reprochant d’amener l’affaire Moussa Kaka sur le terrain de délit de presse. Si elles sont déposées, ces plaintes contre le député Gremah Boukar, le gouverneur Yahaya Yandaka et le ministre Ben Omar vont s’ajouter à celle – déposée par les mêmes avocats de Moussa Kaka – contre les auteurs des écoutes téléphoniques sur la base desquelles le correspondant de RFI a été inculpé. Les différentes plaintes des avocats de Moussa Kaka ontelles vraiment des chances d’aboutir ? Nombreux sont les observateurs qui hésitent à le croire. Et pour cause ! Par rapport au député Gremah Boukar, par exemple, il faut que l’Assemblée nationale lui enlève son immunité parlementaire pour qu’il soit poursuivi. Or, pour qui a vu l’ambiance qui a régné au sein de l’hémicycle, lors de l’interpellation du ministre Ben Omar, il est impossible que les députés acceptent de livrer leur collègue à la justice. Même s’il ne dispose d’aucune immunité, le gouverneur Yahaya Yandaka sait aussi que le gouvernement ne va pas le livrer à la justice. Cela est d’autant plus vrai que la déclaration qu’il a faite sur Moussa Kaka a pratiquement été relayée par les autres gouverneurs des régions et diffusées à fond par les médias d’Etat. Quant au ministre Ben Omar Mohamed, en plus qu’il jouit du privilège de juridiction, il n’a fait que rapporter – avec peut-être beaucoup de zèle – ce que le gouvernement lui a dit de dire. Mais là où les avocats de Moussa Kaka vont davantage retrousser les manches de leurs toges, c’est par rapport à la plainte contre les auteurs, co-auteurs et complices des écoutes téléphoniques. Par la voix de son porte-parole, le gouvernement a toujours soutenu qu’il n’a pas écouté Moussa Kaka, mais plutôt le président du MNJ Agaly Alambo avec qui le journaliste a eu des entretiens téléphoniques. L’un dans l’autre, l’affaire Moussa Kaka risque d’être l’un des plus compliqués dossiers que la justice nigérienne aura à traiter en ce début du 21è siècle !

 

 

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